Craquer pour une tartine de nutella…

Mes chers conquérants de la Vie libre et en pleine forme,

Je me suis aperçue que pour vous aider concrètement à sortir des craquages et des écarts, il ne me sert pas à grand chose d’employer des mots comme contrôle, privation, restriction pour vous expliquer leurs effets…non! ce qui parle vraiment aux gens c’est « la tartine de nutella »…elle-même, en sucres et en graisses. Celle qui guette la moindre de tes failles depuis le placard de ta cuisine et qui malgré toute ta bonne volonté pour te convaincre de n’en consommer qu’une petite cuillère termine toujours par avoir notre peau. Pour vous, retour concret quelques années de ma Vie en arrière…


 

Tartine de nutella : L’approche rebelle!

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Je me souviens très nettement de cette époque ou j’ai entre 12 et 15 ans et où je profite avec mes soeurs d’une pause pub pour me faire une tartine de nutella sur de la brioche devant la télé. Oui mais voilà, ce que je mange : mélange de farine, beurre, graisses, sucre etc… n’est pas uniquement cela. En mangeant cet aliment se mêle en même temps aux calories ce que je pense et crois à propos de cet aliment. Et ça donne ça : « tu sais bien qu’il ne faut pas grignoter entre les repas, ce n’est pas bon, ça fait grossir » et je pense en même temps aux conseils de toutes les personnes qui me disent : « tu devrais faire attention« , que  » je suis forte pour mon âge« , et que « ce n’est pas bon pour moi« . Je crois innocemment être entrain de manger une simple tartine de nutella alors qu’en réalité je fais bien plus que ça : je suis en résistance avec ce qu’on voudrait que je sois. Une partie de moi, soucieuse du regard des autres, croit que si je n’en mangeais pas je serais moins forte et donc davantage appréciée, aimée, correcte. Quelle arrogance de savoir parfaitement ce qu’on attend de moi, et de faire le contraire! désobéir aux bons conseils des gens qui veulent mon bien et agir tout de même comme bon me semble. Allez, au point ou j’en suis, une autre petite cuillère ne pourra pas me faire de mal et m’empêchera bien d’y penser d’ailleurs.

Et les ennuis commencent…


 

Tartine de nutella : L’approche radicaliste!

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Vient la période du « c’est plus possible, je n’en achèterai PLUS JAMAIS!« . Seulement voilà, si je n’en achète plus ce n’est pas parce je n’aime pas ça. loin de là! C’est plutôt parce que je me connais et que je me crains lorsqu’il y en a dans le placard. Comme je ne sais pas « gérer » les quantités que je consomme quand je tombe dans le pot et que j’en ai ras-le-bol de prendre du poids, je choisis la solution radicale.  Plus de ça chez moi! Plus rien dans les placards et détour du rayon chocolat au supermarché…Je prie pour qu’avec le temps mon envie s’estompe. Ma stratégie n’est cependant pas infaillible, mon talon d’Achille : Les autres! EUX, Les potentiels 60 millions d’être humains qui en consomment et qui vivent sur le même territoire que moi. Les fautifs qui me poussent à la consommation et qui ruinent tous mes bons efforts. EUX à qui je ne peux rien refuser pour ne pas les vexer. Comment se fait-il que 60 millions de gens ne vivent pas en fonction de mes énormes problèmes?

( si tu es justement l’un de ses autres, n’aies pas peur, aujourd’hui je t’aime bien)


Tartine de nutella : L’approche liberté conditionnelle!

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Vient une deuxième partie de ma Vie où je passe aux rééquilibrages alimentaires. Le point positif est qu’en théorie, j’ai droit à tout, je ne m’interdis aucun aliment! YOUPIIII! En fait c’est seulement en théorie. Car en pratique, j’ai droit à tout mais….quand même, faut faire attention!

Et à quoi faut-il faire attention?

bien évidemment à ce qui me tente le plus tant qu’à faire!

Alors :

  • Je m’autorise tout MAIS en petites quantités.
  • Ou bien lorsque le « tout » a été justement trop « tout » avec une bonne séance de sport après et une soupe ce soir.
  • Et puis, à peine levée du lit, je saute sur ma balance histoire de constater l’ampleur de dégâts.

La liberté…oui mais avec modération quand même 😉 Faut bien être RAISONNABLE!

Et qui paye à chaque fois l’addition de mes excès? : Mon corps, mon corps et encore mon corps. Voyez-vous à quel point je pense être libre mais aussi à quel point je me trompe. Je ne m’aperçois pas que je renforce mon désir pour les aliments que je m’autorise à petite dose. Je n’ai de plus, aucune confiance en mon corps. J’apprends à contrôler mes comportements par peur et anticipation des conséquences, non à m’intéresser véritablement à lui, cela serait me risquer dans l’inconnu. Sans en avoir conscience, je dérègle parfois complètement son rythme naturel par des règles que j’instaure par peur et culpabilité suite à un repas dont je ne suis pas fière.

C’est très bien de se réconcilier avec l’ensemble des aliments, c’est vraiment une étape incontournable pour se libérer des comportements de contrôle et de privation. Cependant, pour être vraiment efficace et vous aider à construire votre liberté avec votre corps, cela doit s’accompagner de la liberté dans vos pensées et de vos actes. Sinon vous ne faîtes que suivre une ligne de conduite qui tôt ou tard vous prédispose aux dérapages et vous génère encore plus de stress.


Et puis vient ce soir, février 2016. Je vous écris ces mots et je sais qu’il reste dans notre placard une tranche de brioche et du nutella. Que vais-je faire???

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option 1 : il est 00:59, en pleine nuit, j’ai déjà diner, c’est pas bien de grignoter, je ne la mange pas

option 2 : il est 00:59, en pleine nuit, j’ai déjà diner, c’est pas bien de grignoter, je la mange quand même

option 3: Je tiens bon et je ne la mange pas.

option 4 : Elle me fait vraiment envie mais  je mange une pomme à la place. Une bonne c’est mieux que du nutella!

option 5: Je la mange, j’ai bien raison de me faire plaisir!

option 6: Juste une cuillère…

option 7: Pour une fois qu’on en achète…c’est pas souvent!

option 8 : J’ai pas mangé grand chose aujourd’hui alors je peux me le permettre..

option 9 : à vous de jouer!

Et si je vous disais que j’ai simplement mangé ma tartine de nutella et POINT. RIEN. NADA. AHHHH qu’est ce que je savoure la paix de ce POINT !!!! Ce silence, cette harmonie. Sans avoir à me trouver d’excuses, ni de raisons ni de justifications à mes actes. Sans avoir à me raconter que je n’ai aucune volonté et laisser mes pensées me dire que demain ou dans 2 jours je vais voir le résultat sur la balance et grossir sans fin. Sans me promettre que c’est la dernière fois de ma Vie que j’en mange. Sans être entrain de faire une série de squat, ni même entrain de courir avec une lampe torche sur la tête (je vous jure que j’en ai déjà été capable). Manger une simple tartine de nutella sans que cela ne vienne remettre en cause ni définir qui je suis ou ne suis pas. La remettre simplement à sa place. (en lui dédiant un article sur mon blog XD)


Si je me sers de l’exemple de la tartine de nutella, c’est plus sérieusement pour vous illustrer toutes les croyances et attitudes toxiques que nous entretenons envers nous-même et qui, j’en suis convaincue, sont davantage responsables de nos prises de poids que la ou les malheureuses tartines en question. J’ai beau le raconter sur le ton de la plaisanterie, je sais par expérience que je ne suis pas si loin de la vérité que vive de nombreuses femmes.

Voulez-vous savoir comment j’ai réussi à me défaire de ce péché mignon et comment vous allez pouvoir vous libérer du vôtre?

ETAPE 1

  1. Mon premier réflexe a été d’arrêter d’appeler cet aliment par ce nom là. J’ai pris conscience qu’avec ce nom tout bête, je donnais du pouvoir sur ma Vie à un pot en plastique. Qui a déjà été victime…d’un pot de nutella?? MOI!!!! Le péché mignon c’est le truc contre lequel tu ne peux rien faire, tu es à 100% obligée de craquer. STOP! Aujourd’hui j’ai vraiment envie d’être libre et je ne compte honorer pleinement cette valeur importante pour moi. Il est normal que la véritable liberté me fasse peur mais je compte voir les défis en face et ne plus saboter tout cela en accusant le nutella.

ETAPE 2

2. Ensuite, il a été nécessaire que je prenne conscience de pourquoi cet aliment avait une place de choix dans mes « craquages ». Qu’avait-il de si particulier pour que je lui accorde autant de temps et d’énergie? Pourquoi n’arrivais-je jamais à lui tenir tête?

  • Parce que j’appelais ce moment là comme ça : « le craquage, les écarts ». Et quand on craque, on fait tout ce qu’on se retient de faire. C’est donc bien qu’on meure d’envie de faire! N’est-il donc pas plus utile de travailler sur notre flexibilité plutôt que sur la rigueur des règles qui nous mènent systématiquement à céder tôt ou tard pour relâcher la pression?
  • Parce que cela m’apportait du réconfort et m’évitait d’affronter des émotions désagréables. J’ai du apprendre que mes émotions désagréables sont source de croissance car de puissantes possibilités à saisir de me comporter comme la meilleure version de moi-même. Quand tout va bien, nous avons rarement envie d’aller vers des comportements toxiques. C’est justement quand ça ne va pas comme on veut qu’on peut aller chercher en nous le courage et les ressources de faire cette fois-ci les choses différemment.
  • Parce que par la publicité, on imprègne dans mon cerveau une émotion liée à cet aliment. Aujourd’hui,  je zappe systématiquement les pubs et je ne regarde quasiment plus la télé!

ETAPE 3

La troisième étape, pour pouvoir en manger juste par désir et non par compensation ou relâchement de mes efforts, a été d’associer plus de douleur à en consommer que de plaisir à le faire. La raison toute simple pour laquelle vous pensez ne pas pouvoir vous défaire de cette habitude est que votre système nerveux ne voit pas assez de douleur à en manger et en retire une forme de plaisir.

Le jour où j’ai rappelé à mon système nerveux comment je me sens une fois que la cuillère touche le fond du pot avant même que la première cuillère n’atteigne ma bouche, j’ai pu me détacher facilement des compensations. Pour cela, à la place de la pub, j’ai collé cette fameuse photo de moi qui me faisait tant horreur : prise de dos, en maillot de bain blanc, avec 15kg de trop. De quoi me faire réfléchir à la place du visuel de la noisette habituelle. Lorsque venait le temps de l’émotion douloureuse, je me trouvais face à mon pot, ma photo, face à moi-même et un choix. Je savais que j’étais face à une opportunité de progrès potentiel. Et j’étais heureuse malgré tout de me dire que le moment était venu. Je n’allais pas bien, même vraiment mal et à la fois je savais que dans ses émotions, j’étais à la meilleure place pour progresser et faire un premier petit pas, un acte différent de d’habitude. Quand je dis « opportunité de grandir », je n’ai pas dit que cela serait forcément agréable. Il est toujours un peu désagréable de changer ses habitudes les premières fois, justement parce qu’elles nous procuraient une forme de plaisir avant. J’étais donc face à ce pot et cette photo de moi. Je me demandais :

  • Qu’est-ce qui est le plus important pour toi? Saisir l’opportunité de devenir la nouvelle femme que tu veux devenir? ou le repousser à la prochaine fois?

 

  • A quel point est-il important que tu deviennes cette femme là? Car si tu veux de nouveaux résultats dans ta Vie,  le prix à payer est de faire des choses nouvelles pour devenir une nouvelle personne.

 

ETAPE 4

  • La quatrième étape fut l’expérience progressive de la gratitude. Lorsque tu te sens mieux parce que tu arrêtes de te contrôler en permanence et que tu n’es plus sans cesse en contrôle/résistance de tout ce qui est gras et sucré, tu es libre. Tu n’es plus en conflit avec toi-même. Ton énergie augmente et tu découvres un état énergétique si agréable qu’il ne te vient spontanément plus à l’idée de saboter tes efforts avec toutes sortes d’aliments trop riches et contenant trop de sucre. Tu aimes toujours le nutella mais il n’a plus de pouvoir sur toi. Ta priorité est désormais d’incarner la meilleure version de toi-même et cette version a besoin d’énergie pour vivre à fond chaque jour de sa Vie. Ton système nerveux t’aide en associant désormais de la douleur à toutes ces années que tu as passé à « vivre à moitié de ton potentiel », en position de victime vis-à-vis de trop de choses. C’est désormais ta priorité de t’honorer chaque nouvelle journée que la Vie t’offre. Tu développes une telle gratitude pour chaque moment de ton existence que tu n’as plus besoin de te procurer du bien-être par une dose de nutella ou autre et tu ne crains plus non plus les émotions douloureuses qui te procurent à chaque fois la possibilité de croitre.

POUR RESUMER

si tu as espoir de te libérer d’une habitude qui te fait plus de tort que de bien, je te dirais de :

  • Ne jamais dire jamais je n’y arriverais. Dire plutôt pour le moment, je n’y arrive pas. Pour le moment, c’est maintenant mais pas la minute suivante.
  • Si tu veux changer une habitude, tu dois y associer plus de douleur que de plaisir
  • Les moments ou tu vas mal et ou tu perds le contrôle sont des opportunités concrètes d’avancer vers la meilleure version de toi-même, de mesurer tes progrès, de tester tes engagements. Tu en as aussi besoin pour avancer. 
  • « Tout bien faire » ne dure qu’un temps et prédispose tôt ou tard à « tout lâcher et faire tout l’opposé« 
  • La vraie liberté vis-à-vis de ce que tu manges, ce n’est pas de le manger avec tout un tas de règles et de principes dictés par la peur et la culpabilité. La liberté c’est de vivre avec une telle gratitude que cela s’incarne naturellement dans ta façon de te nourrir pour en profiter le plus longtemps possible et avoir le maximum d’énergie pour être pleinement qui tu as envie d’être dans la Vie.



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